Fondation par Patrick Valas

Fondation de la Psychanalyse.
Toute fondation repose sur un vide qu’elle cerne, pour souligner que l’Origine d’une création est toujours énigmatique. 
C’est en ces termes pourtant que Jacques Lacan a fondée son École Freudienne de Paris (EFP), en 1964 : 
« Je fonde — aussi seul que je l’ai toujours été dans ma relation à la cause psychanalytique — l’École française de psychanalyse, dont j’assurerai, pour les quatre ans à venir dont rien dans le présent ne m’interdit de répondre, personnellement la direction ». 
Il l’appelait familièrement « monécole » ! 
Ce « Je » prononcé par lui, vaut d’être interrogé, parce que Lacan ne méconnaissait pas que « Je » est impossible à dire dans la psychanalyse. 
Il l’écrit explicitement dans son texte « Subversion du sujet et dialectique du sujet dans l’inconscient freudien »( 1960), il faut rappeler que ce texte a été réécrit par Lacan et figure ainsi dans Écrits publié en 1966. 
En le lisant on va de surprise en équivoque, comme l’indiquait Lacan en précisant que si la parole est pleine de malentendu, l’écrit est confusionnel. 
« À cet égard avancer que contrairement au dicton populaire, une lettre, c’est une parole qui vole. 
Les paroles restent en effet, même quand personne ne s’en souvient plus ». 
Il contredit donc « cette formule de la sagesse des Nations que les paroles s’envolent et les écrits restent »(sic Lacan).
Des psychanalystes (pas tous heureusement) aujourd’hui oubliant ce dire de Lacan, se font les éditeurs acharnés leurs propres élucubrations écrites (que très peu de personnes lisent ou même achètent), croyant que l’écrit primerait sur la parole et oubliant par là que la psychanalyse ne repose « essentiellement » que sur la parole. 
L’expérience pourtant prouve ceci, que l’inconscient «structuré comme un langage », est justement ce que le sujet n’oublie jamais (même s’il n’en a pas la maitrise), puisque «c’est son seul lot de savoir » acquis dés les premiers jours, plongé qu’il était dans le bain de « lalangue » familiale, et qui peut lui assurer par la suite de «retrouver dans le parler, ce qu’il lui faut de jouissance pour que l’histoire continue »(sic Lacan). 
En effet par la parole, il peut repérer les amarres de son être à la chaîne signifiante, qui conditionne son désir et changer ainsi le cours de son histoire. 
Alors ce «Je »de la psychanalyse » impossible à dire quel est-il ? 
C’est le sujet forclos par le discours de la science moderne, coupée des mythes et des savoirs anciens, séparés de leurs racines sexuelles. 
Comme cela est la suite, le sujet forclos de la science fait retour dans le Réel. 
D’où son approche par Lacan qui parle de« fente » (à la Fontana), dont se définit la structure même de « l’être » qui ne peut se saisir qu’en éclair, à l’instar de celui d’un battement de cils.
« Que suis-Je ? 
Je suis à la place d’où se vocifère que l’univers est un défaut dans la pureté du Non-Etre. 
Et ceci non pas sans raison, car à se garder, cette place fait languir l’Etre lui-même. 
Elle s’appelle la Jouissance, et c’est elle dont le défaut rendrait vain l’univers. 
En ai-je donc la charge ? — Oui sans doute », etc… » 
J. Lacan, in Subversion du sujet et dialectique du sujet, Écrits, Seuil 1966. 
Cahun caha, cette École a vécu son temps de 1964 à janvier 1980, où elle fut dissoute par Lacan. 
Beaucoup de membres de cette école, ont découvert alors, non sans s’y opposer, qu’il fallait comprendre que Lacan pouvait prononcer (de vive voix et par écrit) la dissolution de son « École » au nom de ce que la psychanalyse devait être, en la distinguant de l’Association (Loi de 1901) qui lui donnait un support institutionnel légal. 
Il s’en expliquait très bien : Il considérait que son invention d’une procédure de la « passe de l’analysant à l’analyste, pour en savoir un peu plus, était un échec ». 
Que de toute façon, lui qui l’enseignait de 1953 à 1980, affirmait que la psychanalyse « était intransmissible ». 
Son moment de conclure l’amenait à décider de dissoudre «Monécole », borroméennement !
Il suffisait que l’un s’en aille (lui et d’autres déjà avant lui), et tout se défaisait, mais lui en précisant qu’il n’était pas infaillible. 
Ainsi « La foule » dont il souhaitait faire un corps, se dispersait. 
Respectant les règlements du monde, en septembre 1980, L’EFP, fut dissoute démocratiquement. 
Lacan annonçait alors qu’il voulait reprendre l’expérience 
« pour faire la même chose mais autrement ». 
Il déposa avec Gloria Gonzales les statuts d’une nouvelle association nommée « La Cause Freudienne », à la Préfecture de Police de Paris. 
Elle était ouverte aux « Milles », qui lui avaient écrit sur sa demande, vouloir poursuivre avec lui et à qui il avait répondu. 
Cette météore est retombée trop vite dans les ténèbres. 
On ne sait pas ce qu’elle est devenue. 

Patrick Valas, le 9 mai 2019.

PS : J’ai reçu récemment de nouvelles archives qui vont me permettre de mieux comprendre ce qui s’est passé dans cette dite « foule lacanienne », parce qu’elle est très jalouse de ce « Label Lacan ».
Chacun et chacune, des parlêtres qui en sont, pense avoir l’exclusivité de son usage.
Beaucoup de cris et de fureur pour rien, et surtout beaucoup de mensonges, voire de démentis du Réel, avec le cortège des « falsus »qui en sont la conséquence logique.

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