Florilège

« … Freud et Lacan ne sont pas couplés dans l’être. C’est par la lettre qu’ils ont trouvée, trouvée dans l’Autre, que comme êtres de savoir, ils procèdent deux par deux, dans un Autre supposé. »

J. Lacan, Le Séminaire Livre XX,  Encore, leçon du 20 mars 1973

 

« Nulle prétention de connaissance ne serait de mise ici, puisque nous ne savons même pas si l’inconscient a un être propre, et que c’est de ne pouvoir dire « c’est ça  » qu’on l’a appelé du nom de ça. (Es en allemand, soit : ça, au sens où l’on dit « ça barde » ou « ça déconne.) En fait l’inconscient » c’est pas ça « ou bien » c’est ça, mais à la gomme « Jamais aux p’tits oignons ».

J. Lacan, La méprise du sujet supposé savoir, Institut français de Naples, 1967

 

La différence entre ce qui marche et ce qui ne marche pas, c’est que la première chose, c’est le monde, le monde va, il tourne rond, c’est sa fonction de monde; pour s’apercevoir qu’il n’y a pas de monde, à savoir qu’il y a des choses que seuls les imbéciles croient être dans le monde, il suffit de remarquer qu’il y a des choses qui font que le monde est immonde, si je puis m’exprimer ainsi; c’est de ça que s’occupent les analystes; de sorte que, contrairement à ce qu’on croit, ils sont beaucoup plus affrontés au réel même que les savants; ils ne s’occupent que de ça. Et comme le réel c’est ce qui ne marche pas, ils sont en plus forcés de le subir, c’est à dire forcés tout le temps de tendre le dos. Il faut pour ça qu’ils soient vachement cuirassés contre l’angoisse.’

J. LACAN, La Troisième, Conférence de presse, 1974

 

« Il n’y a qu’un seul symptôme social : chaque individu est réellement un prolétaire, c’est à dire n’a nul discours de quoi faire lien social, autrement dit semblant. (…) La psychanalyse socialement a une autre consistance que les autres discours. Elle est un lien à deux. C’est bien en ça qu’elle se trouve à la place du manque de rapport sexuel. »

J. Lacan, La Troisième, Intervention au Congrès de Rome, 1974

 

« C’est que je pense que le bruit ne convient pas au psychanalyste, et moins encore au nom qu’il porte et qui ne doit pas le porter. »

J. Lacan, De Rome 53 à Rome 67 : La psychanalyse. Raison d’un échec. 15.12.1967

 

« Être psychanalyste, c’est simplement ouvrir les yeux sur cette évidence qu’il n’y a rien de plus cafouilleux que la réalité humaine. »

J. Lacan, Le Séminaire Livre III, Les psychoses, 1955-1956

‘Le névrosé est un malade qui se soigne avec la parole, et avant tout avec la sienne. Il doit parler, raconter, s’expliquer lui même.’

Entretien de E. GRANZOTTO avec J. LACAN, 1974.

 

 « Je ne me casse pas beaucoup la tête au sujet du bien et du mal, mais, en moyenne, je n’ai découvert que fort peu de « bien » chez les hommes. D’après ce que j’en sais, ils ne sont pour la plupart que de la racaille, qu’ils se réclament de l’éthique de telle ou telle doctrine ou d’aucune »

Lettre de Freud à Pfister du 9.10.1918

 

 « Si le psychanalyste ne peut pas répondre à la demande, c’est seulement parce qu’y répondre est forcément la décevoir, puisque ce qui est demandé, est en tout cas Autre-Chose, et que c’est justement ce qu’il faut arriver à savoir. »

J. Lacan, De Rome 53 à Rome 67 : La psychanalyse. Raison d’un échec. 15.12.1967

 

 « L’apparition, la fonction du sujet comme tel, nous en apportons une formule tout à fait nouvelle et susceptible d’un repérage objectif. La définition d’un sujet, du sujet originel, d’un sujet en tant qu’il fonctionne comme sujet, d’un sujet détectable dans la chaîne des phénomènes n’est pas autre chose que celle-ci : c’est que ce qu’un sujet comme tel représente, à proprement parler,
essentiellement, originellement, c’est cela, c’est qu’il peut oublier.
Supprimez ce «  il  » : le sujet est littéralement, à son origine et
comme tel, l’élision d’un signifiant, le signifiant sauté dans la chaîne
. »

J. Lacan, Le Séminaire Livre VII, L’éthique de la psychanalyse, leçon du 11 mai 1960

 

 « Si rien de ce qui s’articule dans le sommeil n’est admis à l’analyse que de son récit, n’est-ce pas supposer que la structure du récit ne succombe pas au sommeil ? Ceci définit le champ de l’interprétation analytique. »

J. Lacan, De la psychanalyse dans ses rapports avec la réalité, 18.12.1967